Pourquoi un dirigeant doit se méfier de ce qu’il pense quand il se sent mal
« Plus je me détends, mieux je décide. »
C’est tout.
Cette phrase devrait produire le même effet que si je vous disais que les petits pois sont petits, ronds et verts. Mais si elle provoque en vous une résistance ou une légère irritation, c’est peut-être le signe que vous êtes sous influence.
Sous l’influence de quoi ?
Du stress. De la pression. D’une émotion négative.
Sous influence : le stress déforme la perception
Sous tension, ou sous l’influence d’émotions négatives — colère, tristesse, inquiétude, culpabilité — notre perception se déforme. Elle n’est plus la même que celle que nous aurions face à cette situation dans un état de calme et de sérénité.
Nous pouvons surestimer un risque, voir dans un problème isolé le signe d’un dysfonctionnement plus large, douter soudainement de décisions qui, la veille encore, nous semblaient évidentes, percevoir une remarque neutre comme une critique.
Autrement dit, notre lecture de la réalité n’est plus aussi fiable.
Et plus vous avez de responsabilités, plus cette distorsion peut coûter cher.
Cela signifie que lorsque vous êtes sous stress, ou sous l’influence d’émotions négatives, vous ne pouvez pas faire totalement confiance à ce que vous pensez.
Je vous conseille de graver au couteau cette phrase sur votre bureau :
Quand je me sens mal, je ne peux pas faire totalement confiance à ce que je pense.
(Ça marche aussi avec un post-it)
Décider depuis le stress ou depuis la clarté
Bien sûr, le stress ou les émotions négatives ne font pas de vous un mauvais dirigeant. Mais décider depuis cet endroit revient à décider depuis un champ de perception réduit. Et ce rétrécissement est rarement neutre.
Alors que faire ?
La réponse est moins spectaculaire qu’une stratégie de crise, puisqu’il faut simplement commencer par se détendre.
Le stress ne peut pas survivre dans un corps détendu, car un corps détendu ne sait pas retenir le stress.
Étape 1 : la détente
Relâchez les épaules. Respirez. Ralentissez le rythme de votre respiration, comme lorsque vous vous endormez.
Étape 2 : l’exploration
Écrivez ce que vous pensez de la situation qui vous préoccupe.
Identifiez la phrase qui vous dérange le plus.
- Est-elle factuelle ou interprétative ?
- Est-elle stratégique ou réactive ?
- Si vous étiez parfaitement calme et serein, penseriez-vous la même chose ?
- Que vous dirait la paix ?
Essayez.
Observez ce qui change.
Stephanie Romeo
Coach de dirigeants
Créatrice de la méthode KAL™
Autrice du podcast 3 minutes pour tout changer